" Il faut
une mobilisation des citoyens à l’échelle mondiale "
Interview de Raymond Legault, Porte-parole du Collectif
Échec à la guerre, Montréal.
Propos recueillis par Marthe Martel
L’incisif, n°2/2, juin2003
Raymond Legault a accepté de
répondre à nos questions. C'était l'une des voix
qui s'élevaient au dessus de la foule, lors des grandes manifestations
contre la guerre en Irak, l'hiver dernier, à Montréal.
Des manifestations organisées par le Collectif Échec
à la guerre qui regroupe quelque 200 groupes et organismes.
Ces manifestations faisaient écho à celles qui se déroulaient
simultanément à travers le monde entier. Les peuples
de la terre disaient Non à la guerre. Et la guerre des États-Unis
et de l'Angleterre contre l'Irak a eu lieu. Et les agresseurs se présentent
aujourd'hui comme les libérateurs. Mais le discours de Raymond
Legault n'a pas changé. Ses paroles, qui faisaient leur chemin,
claires et justes, dans la tête et le cœur des manifestants,
demeurent vraies : " La guerre contre l'Irak était une
guerre injuste, illégale, immorale." Et l'occupation l'est
tout autant. Raymond Legault précise : il est l'un des porte-parole
du Collectif Échec à la guerre et non le seul. Et ses
réponses à nos questions ne représentent pas
nécessairement toujours la position Officielle du collectif.
Raymond Legault, pouvez-vous nous rappeler quel
est le rôle d’Échec à la guerre?
Le collectif a été mis
sur pied en octobre 2002 essentiellement pour organiser la mobilisation
contre les préparatifs de guerre déjà évidents
à ce moment là. Il y a eu six manifestations.
Compte-tenu que la guerre en Irak
a tout de même eu lieu, pensez-vous que ces manifestations ont
servi à quelque chose?
Notre objectif premier était
d'empêcher que la guerre ne commence. A ce niveau là,
nous n'avons pas réussi. Mais je pense que les manifestations
ont donné un certain nombre de résultats aux niveau
international et canadien. Au niveau international, certains pays
ont eu les mains liées pour ce qui est d'appuyer la guerre.
L’Espagne et l'Italie ont fait partie sur papier de la coalition de
George Bush mais, en pratique, ces pays n'ont pas envoyé d'effectifs
militaires. En Angleterre, il y a eu toute une tempête dans
les rangs du Parti travailliste et, ce n'est pas fini. Cela risque
de malmener très fort, et peut-être même de faire
tomber, ce gouvernement. En Turquie, les États-Unis prévoyaient
déployer des troupes au sol et envahir le nord de l'Irak via
ce pays. Ça ne s'est pas fait parce que 95% de la population
était contre la participation à la guerre. Le gouvernement
n'a pas obtenu la majorité absolue et n'a pu autoriser les
troupes américaines à débarquer sur son territoire.
Au Canada, Je pense que c'est la mobilisation qui a amené jean
Chrétien à dire, en paroles, "on ne participe pas à
la guerre". En pratique, cela a été différent...
Pourquoi dites-vous que cela a
été différent en pratique?
C'était très hypocrite
comme position. Grâce à des informations, provenant entre
autres, de Richard Sanders de Coalition to Oppose the Arms Trade,
qui est une coalition pan-canadienne qui suit l'intervention du Canada
au plan militaire, nous avons un autre portrait de la situation. Ces
informations ont fait l'objet d'un article publié dans le journal
Globe and Mail.
Le Canada participait déjà
à des rencontres, à haut niveau, avec le Central Command
américain, en Floride, pour planifier la guerre. Après
qu'une partie du quartier général eut été
déménagée au Qatar, on y a retrouvé encore
des officiers canadiens. Depuis plusieurs années, on avait
une frégate canadienne, qui faisait partie d'une force d'interception
maritime dans le cadre des sanctions contre l'Irak. Après le
11 septembre, et la dite "guerre contre le terrorisme" lancée
par l'administration Bush, on a augmenté notre présence
navale dans le Golfe persique. Pendant la guerre, on y avait trois
frégates et un destroyer. C'était un officier canadien
qui coordonnait l'intervention d'une douzaine de pays au niveau naval.
Le Canada a toujours prétendu qu'il agissait dans le cadre
de la lutte contre le terrorisme et non d'une participation à
la guerre mais, dans les faits, on escortait des Porte-avions américains
dans le golfe arabo-persique. On effectuait des tâches normales
de guerre.
Par ailleurs, on avait des militaires
canadiens à bord d'avions-radar qui servaient à surveiller
si toutes les cibles avaient bien été atteintes. Certains
soldats canadiens participaient aussi carrément à des
tâches de combat, dans des chars d'assaut. Il s'est dit beaucoup
de choses là-dessus : c'était un petit groupe ... c'était
considéré comme des échanges. C'est bizarre,
même quand le pays ne participe pas à la guerre, l'échange
a lieu... !!
Toujours au sujet de l'impact des
manifestations, ne peut-on pas dire que l'on a assisté à
une première en terme de mobilisation mondiale et que cela
est en soi positif ?
Un tel mouvement, d'une telle ampleur
et synchronisé à l'échelle mondiale, était
effectivement complètement nouveau. Des manifestations de cette
ampleur ne s’étaient jamais vu auparavant. Même pendant
la Guerre du Vietnam, il n'y a jamais rien eu de tel au plan mondial.
Cela montre qu'il y avait une prise de conscience très forte,
chez une très grande partie des populations à
travers le monde, que quelque chose de très
anormal était en train de se produire, en terme de légalité
au niveau international. C’est bon à constater... mais nous
avions certains objectifs; et cela ne nous a pas permis de
les atteindre tous, loin de là.
Après avoir vu à
la télé des Irakiens heureux de faire tomber la statue
de Saddam, pensez-vous que vous avez eu tort de vous opposer à
la guerre?
Certainement pas. Je pense qu'il y
avait certainement beaucoup d’Irakiens qui étaient contents
de la fin du régime de Saddam Hussein. C'était une dictature
particulièrement brutale, donc tout ce qui était mouvement
d'opposition politique était réprimé de façon
incroyable. Par ailleurs, je pense que ce que l'on a vu dans les médias,
sauf pour la portion kurde dans le nord de l'Irak - où il y
a eu, je crois, de vraies manifestations de joie spontanée
– c'était des images artificielles. À Bagdad, il devait
sûrement y avoir plein de monde qui se réjouissait. Mais
ce que l'on nous a montré n'était pas particulièrement
impressionnant : peut-être 200 personnes, sur une grande place,
dans une grande ville de cinq à six millions d'habitants.
Pensez-vous que la majorité
des Irakiens se sont réjouis de la fin du régime de
Saddam?
J'ai l'impression qu'ils étaient
contents et, en même temps, qu'ils étaient atteints,
ébranlés par les bombardements. D'autre part, la présence
même des armées américaine et britannique sur
leur sol était pour eux un grand sujet d'inquiétude
dès le départ. Je vois ça comme quelqu'un qui
était atteint d'une maladie grave, qui en est guéri,
mais qui découvre qu'il en a une autre tout aussi grave. Cette
satisfaction de ne plus avoir cette première maladie décrit-elle
complètement son état ? Pas du tout!
Les États-Unis sont-ils
vus comme des libérateurs ou des occupants?
D'ici, c'est difficile.. à
juger. Le journaliste indépendant, Robert Frisk, qui écrit
pour The Indépendant en Angleterre et qui connaît
la région depuis longtemps, a très rapidement constaté
que, pour la population, de façon générale, c'était
vu comme une occupation. Lors du grand rassemblement chiite, qui a
eu lieu fin avril à Kerbala, personne ne semblait considérer
les États-Unis bienvenus. Certains étaient satisfaits
que le régime ait été renversé et le disaient.
D'autres se montraient carrément hostiles. Mais même
les personnes satisfaites que le régime ait été
renversé considéraient que le rôle des États-Unis
était terminé. Il y a eu des confrontations à
certains endroits. Dans certains cas, on a dit qu'il s’agissait de
Chiites qui protestaient parce qu'ils veulent une république
islamique; dans d'autres cas, on a dit que la manifestation avait
eu lieu dans une ville sunnite où il y avait beaucoup de soutien
pour Saddam. Les armées américaines et britanniques
vont dépeindre tous leurs opposants comme des gens auxquels
ils ne faut pas prêter attention. tous les occupants ont toujours
fait ça.
Comment interprétez-vous
le pillage qu'il y a eu après la prise de Bagdad?
Un certain nombre de rapports indiquent
que cela a pu même être encouragé par l'armée
américaine. Un photographe européen a dit avoir vu,
à deux reprises, des chars lancer des obus dans des portes
de grands édifices pour ensuite appeler les gens à y
entrer. Certains ont vu des incendiaires agir sous le regard de soldats
américains impassibles. Non seulement cette guerre n'était
pas autorisée au plan international, mais en plus n'importe
quelle puissance d'occupation, qui prétend avoir une certaine
légitimité à occuper temporairement un autre
pays, est supposée voir au bon ordre public, voir à
ce que la population soit en sécurité. Il s'agit d'une
autre violation des normes internationales.
Pourquoi ce laisser-faire, parce
que les intérêts des Américains étaient
ailleurs?
Oui, leurs intérêts étaient
ailleurs. Les puits de pétrole ont été très
protégés dès le départ. Deux ministères
ont été hyper-protégés : le ministère
de l'industrie pétrolière et celui de l'intérieur,
qui était l'appareil de répression du régime
irakien. Pour le reste, c'était peut-être un laisserfaire
pour que s'installe un chaos et que cela justifie d'une certaine façon
la présence d'une force militaire pour faire régner
l'ordre. C'est une hypothèse... Mais certainement que cela
a été réfléchi.
Dans son discours fait le 1er
mai, lors duquel il a déclaré que "l'essentiel des combats
était terminé", Bush a dit : "Dans cette bataille,
nous avons combattu pour la liberté et la paix dans le monde".
Qu'en pensez-vous?
À Échec à la
guerre, nous considérions, dès le départ, que
l'Irak n'était absolument pas une menace crédible pour
les États-Unis. Ce pays n'avait jamais menacé les États-Unis
d'utiliser contre eux des armes chimiques, biologiques ou nucléaires.
Le simple fait qu'il n'y ait pas eu
même une possibilité d'avoir une entente sur cette guerre-là
au Conseil de sécurité de l'ONU montre que même
des pays comme la France, l'Allemagne, la Russie, qui normalement
coopèrent avec les États-Unis dans leurs projets, ont
commencé à percevoir
la nouvelle situation comme un danger pour eux-mêmes; ils ont
pensé qu'ils seraient de plus en plus écartés
des décisions, des actions, leur rôle étant d'approuver
automatiquement...
Le président français
a été averti de ne pas chercher à constituer
un bloc militaire européen qui pourrait éventuellement
rivaliser avec l'OTAN, être un contrepoids militaire à
la puissance des États-Unis. La politique officielle des États-Unis,
c'est d'être complètement dominant au plan militaire
et de ne laisser aucun autre pays défier cette domination.
Toutes leurs politiques, depuis quelques années, sont très
axées sur l’utilisation de leur supériorité militaire
pour avancer leurs intérêts dans le monde.
Depuis que la guerre est terminée
- maintenant il s'agit d'une occupation - on n'a pas cessé
de glorifier l'armée aux États-Unis. Bush s'est rendu
dans plusieurs grandes entreprises militaires qui fabriquent des chars
d'assaut, des missiles, etc. pour prononcer des discours. Le 1er
mai, il a fait son discours sur un Porte-avions. On assiste à
une glorification de la force militaire qui donne l'impression qu'elle
va servir encore bientôt.
Bush a aussi dit "La libération
de l’Irak est une victoire contre le terrorisme"...
Depuis que cette dite guerre contre
le terrorisme est commencée, 'toutes les tentatives de relier
l’Irak à des réseaux terroristes ont échoué.
Maintenant qu'ils ont le contrôle exclusif du pays, il est possible
qu'ils cherchent à forger d'autres preuves. De toute façon,
depuis le 11 septembre, plusieurs organisations font l'analyse que
la guerre contre le terrorisme est seulement un paravent pour mener
des agressions contre des régimes qui ne se plient pas aux
volontés de la super-puissance américaine. C'est ce
qui s'est passé dans le cas de l’Irak.
Cette guerre ne va-t-elle pas plutôt
augmenter le terrorisme dans les faits?
Je pense que ça va conduire
nécessairement à ça. Les populations arabes et
musulmanes se sentent humiliées. Et comme leurs gouvernements
ne servent pas leurs intérêts, c'est dans des réseaux
parallèles que les gens expriment leur rage, leur frustration
et essaient de se venger. S'il y avait des gouvernements dans un certain
nombre de pays arabes qui étaient plus proches de leurs populations,
qui exprimaient davantage leur volonté, ça créerait
moins de place pour des réseaux de terrorisme.
Face à la super-puissance
américaine, est-il possible d'agir comme citoyen ou sommes-nous
impuissants?
Il y a tout à faire. Mais de
quelle façon va-t-on éventuellement réussir à
arrêter cette grosse machine? À Échec à
la guerre, nous sommes convaincus qu'il faut une mobilisation citoyenne
à l'échelle mondiale. Mais il ne faut pas cibler en
priorité, directement, le gouvernement américain. Le
gouvernement américain essaie d'obtenir l'appui d'autres gouvernements.
Il compte alors sur eux pour réprimer leurs populations, lorsque
celles-ci menacent les intérêts américains. Les
mouvements dans les divers pays doivent cibler leurs propres gouvernements
en priorité pour les forcer à s’opposer aux politiques
américaines
Mais, qu’est-ce qu'on est prêts
à sacrifier à nos idéaux? L’économie du
Canada est très intégrée à l'économie
américaine y compris au niveau militaire. Sept sur dix des
plus grandes entreprises de production militaire canadiennes opèrent
à Montréal. Est-ce que les gens de la région
de Montréal sont prêts à regarder ça de
façon sérieuse? Est-ce qu'on est prêts à
envisager que ces industries soient converties en autre chose ou bien
si, dans une période où il va se faire de plus en plus
de guerres, on considère que ça va nous amener de plus
en plus d'emplois et de prospérité et que l'on va plutôt
miser là-dessus? Ce sont d'importantes questions et ça
peut faire en sorte que le mouvement d'opposition à la guerre
soit moins fort que cela serait nécessaire. De grandes corporations
vont mettre le paquet pour dénoncer le mouvement contre la
guerre comme étant composé des gens complètement
naïfs qui ne comprennent rien à rien. Dans quelle mesure
ce message va porter? C'est ça l'enjeu. Il y a une lutte d’intérêts.
Tout le monde n'a pas nécessairement envie de sacrifier son
niveau de vie actuel à des principes.
À ce moment-là, se
retrouve-t-on dans un cul-de-sac ou il reste quelque chose à
faire?
Tout ça est à construire.
C'est en construisant un mouvement solide, à moyen et - à
long terme, contre cette militarisation de la politique étrangère,
que l’on va découvrir nos forces. je ne suis pas découragé.
je pense que beaucoup de gens tiennent à certaines valeurs.
Mais il faut qu'ils aient la vraie information et ça, c'est
toute une bataille. La question n'est pas de se demander s'il y a
quelque chose à faire, mais comment on va le faire.
Comment voyez-vous le rôle
d'Échec à la guerre à partir de maintenant?
Nous avons encore une liste de revendications
concernant l'Irak : mettre fin à l’occupation, substituer à
l'armée américaine, le plus vite
possible, une force vraiment internationale des Nations Unies. Nous
sommes contre une reconstruction qui servirait à s'approprier
plein de contrats lucratifs à même les ventes de pétrole
irakien, qui ne seraient même pas contrôlées par
les Irakiens. Nous avons une série de revendications mais je
pense que ce n'est pas suffisant comme raison d'être à
moyen et à long
terme.
Est-ce à dire que le mouvement sera dissout?
C'est très peu probable. La
majorité des gens qui participent régulièrement
aux réunions considèrent que ça devrait continuer.
On pense même que, dans la région de Montréal
et au Québec en général, les populations ont
beaucoup d’attentes face aux coalitions qui ont organisé les
protestations. Les gens ont vu l'énormité des mensonges
qui leur ont été servis pour justifier la guerre. Les
raisons pour lesquelles les gens ont réagi existent encore.
C'est encore l'agenda de domination militaire des États-Unis
qui va marquer les prochains mois et les prochaines années.
Ce n'est pas impossible que l'on s'oriente vers un genre de coalition
qui va chercher à développer à la fois de l'information
et de la mobilisation contre l'hégémonie militaire des
États-Unis. Il faudra voir comment faire en sorte que l'industrie
canadienne ne participe pas à renforcer cette machine de guerre,
comment éviter de nous engraisser alors que d'autres peuples
sont agressés... Mais si les Irakiens prennent en main la reconstruction
de leur pays, la guerre qui a fait tomber Saddam n'aura-t-elle pas
été utile? Raymond Legault répond : "Cette guerre
a été menée par les États-Unis pour des
raisons qui n'ont rien à voir avec la volonté de redonner
la démocratie à la population irakienne. Donc on ne
s'attend pas à ça. On s'attend à un genre de
protectorat, à un mandat américain sur l’Irak qui se
prolongera pendant des années sous toutes sortes de prétextes
jusqu'à ce que les États-Unis soient capables d'installer
là des gens sensiblement pareils à ceux qui gouvernent
le Koweït et l'Arabie saoudite. Dans ces pays, les compagnies
américaines ont des liens avec des capitaux locaux et, une
grande partie des profits que font les koweïtiens et les Saoudiens
sont réinvestis aux États-Unis même. Les États-Unis
vont se retirer s'ils sont capables de mettre cri place, en Irak,
un régime complètement servile qui fera en sorte que
les corporations américaines pourront faire de gros profits
et que les profits qui ne sont pas américains seront réinvestis
aux États-Unis. Mais nous doutons qu'ils soient capables d'y
arriver. Il y a un fort nationalisme en Irak qu’ils semblent sous-estimer
en ce moment. Pour être capable de réaliser ça,
ça leur prend pratiquement une autre dictature qui réprimerait
très fortement les protestations populaires.. . "
L'Irak au peuple Irakien
Qu'est-ce que Raymond Legault souhaite pour le
peuple irakien?
Une intervention réelle et
temporaire des Nations-Unies qui viserait à organiser des élections
le plus rapidement possible sur la base des forces politiques en présence,
afin que, le plus tôt possible, des instances authentiquement
irakiennes. prennent les décisions pour les Irakiens. "Les
Irakiens eux-mêmes doivent décider à quoi les
revenus pétroliers vont servir, quoi reconstruire, selon quelles
priorités, avec qui. Les États-Unis son en train d'allouer
des contrats avec quel argent? Celui du pétrole et, il ne leur
appartient pas. C’est carrément du vol. Il y a plein d'expertise
à l'intérieur de l'Irak, il y a plein d’ingénieurs
en exil qui sont prêts à revenir dans ce pays pour le
bâtir."
L'Iran dans la mire?
"Ce n'est pas impossible que l’Iran soit la prochaine
cible des États-Unis. On a l'air de
jouer cette carte de plus en plus. On dit que les mouvements de protestation
qui viennent des musulmans chiites sont en réalité télécommandés
d'Iran. Et qu'il s'agit donc d'une ingérence de ce pays dans
les affaires internes de l’Irak signale Raymond Legault. M. Legault
considère que cela est loin de décrire la réalité.
Il explique : "Dans les mouvements chiites du sud de l'Irak, il y
en a qui sont assez près de dont les dirigeants sont en exil
en Iran, mais il y en a d'autres qui ne sont pas du tout alignés
sur l'Iran. Les Chiites d'Irak, comme les Sunnites, sont arabes. Ils
ne sont pas Persans. Et l'on retrouve un certain nationalisme dans
une partie importante du chiisme irakien. Face à l'opposition
chiite à son régime, Saddam les traitait d'étrangers,
parce qu'il n'appartenaient pas à la branche religieuse dominante
au niveau politique. C'était une arme qui pouvait attiser les
divisions entre les chiites et les sunnites.