ON ENTRETIENT
LES CONFLITS SUR TOUS LES FRONTS :
Les États-Unis financent une guerre ethnique dans
les Balkans
Les États-Unis, les Nations-Unies et l'OTAN sont complices de l'escalade
d'une nouvelle vague de terrorisme et de guerre ethnique au Kosovo et
en Macédoine, en partie financée par les narcodollars.
"Les États?Unis d'Amérique et
l'armée de Libération du Kosovo représentent les mêmes valeurs humaines
et les mêmes principes... Combattre pour l'UCK c'est combattre pour
les droits de l'homme et les valeurs prônées par l'Amérique. "
le Sénateur Joseph Lieberman, cité
dans le Washington Post, 29 avril 99
Tout en soutenant l'ancienne république
yougoslave de Macédoine, Washington canalise, dans l'ombre, de l'argent
et du matériel militaire vers l'Armée de Libération du Kosovo (UCK)
aujourd'hui engagée dans une guerre frontalière avec les Forces de Sécurité
Macédoniennes. Cruelle ironie du sort, Washington arme et conseille
à la fois les attaquants de l'UCK et les défenseurs macédoniens sous
couvert de lois approuvées par le Congrès américain. Military Professional
Resources Inc. (MPRI), équipe de mercenaires sous contrat avec le Pentagone,
apporte son aide à la Macédoine ? dans le cadre d'un train de mesures
d'assistance militaire de la part des États?Unis ? "afin de prévenir
les attaques armées et de défendre le territoire macédonien". Mais
MPRI conseille et équipe aussi l'UCK, qui est responsable des assauts
terroristes. Dans cette guerre, la machine américaine armée?services
secrets tire les ficelles "des deux côtés". Quel programme
secret se cache derrière tout cela ?
L'Armée de Libération du Kosovo (UCK), transformée en septembre 1999
en Corps de Protection du Kosovo (KPC) sous les auspices des Nations?Unies,
est à l'origine des attaques terroristes de la région de Têtovo, en
Macédoine, ainsi que dans le sud de la Serbie. En Macédoine, ces assauts
sont financés par l'organisation mandatée par l'UCK : la Ushtira Clirimtare
Komtare (UCK) ou Armée de Libération Nationale (NLA). Les terroristes
opèrent depuis des bases de l'UCK à l'intérieur du Kosovo sous la protection
de la KFOR.
Soutenue par les États?Unis, l'UCK et ses divers mandataires sont bien
équipés. Selon Carl Bildt (coordinateur spécial des Nations-Unies pour
les Balkans), les Forces de Sécurité Macédoniennes "ne sont pas
de taille" à lutter contre les rebelles : "... les guérilleros
constituent une organisation militaire qualifiée... Ils possèdent un
noyau de combattants très expérimentés. Ils sont bien armés, à l'évidence
bien préparés, et, selon toute probabilité, contrôlent des parties importantes
de l'arrière?pays."
Mais où ont?ils trouvé l'argent ? Les médias occidentaux donnent l'impression
que l'Armée de Libération Nationale (NLA) s'est muée en une force rebelle
moderne du jour au lendemain, spontanément, "comme par magie",
et que les dirigeants de l'OTAN n'ont aucun contact avec l'UCK.
L'OPERATION DE MAINTIEN
DE LA
PAIX DES NATIONS?UNIES
FINANCE LE TERRORISME
Selon le London Sunday Times, "les
agents secrets américains ont reconnu qu'ils aidaient à former les soldats
de l'Armée de Libération du Kosovo avant le bombardement de la Yougoslavie
par l'OTAN") Un examen des documents du Congrès américain laisserait
supposer que le soutien de la CIA ne s'est pas interrompu après la guerre.2
De plus, tandis que l'UCK conserve des liens à la fois avec la CIA et
avec des gangs criminels impliqués dans le trafic de stupéfiants dans
les Balkans, cette organisation paramilitaire ? rebaptisée Corps de
Protection du Kosovo (KPC) ? s'est vue octroyer le statut des Nations?Unies,
ce qui implique qu'on lui accorde des sources légitimes de financement
par l'intermédiaire des Nations?Unies ainsi que par des canaux bilatéraux.
L'approvisionnement en matériel militaire, la formation de l'UCK et
l'apport de conseillers militaires ont été confiés à MPRI. Le schéma
est similaire à celui suivi en Croatie et dans la Fédération croato?musulmane
bosniaque où les programmes d'"équipement et de formation",
comme on les appelle, ont été élaborés par le Pentagone.
Les concepts de MPRI en matière de formation, qui avaient déjà été testés
en Croatie et en Bosnie, sont basés sur la transmission "des tactiques
offensives ... comme meilleure forme de défense".3 Dans le contexte
kosovar, cette "doctrine défensive" comme on l'appelle ?appliquée
dans les assauts terroristes lancés dans le sud de la Serbie et en Macédoine
? vise à transformer la force paramilitaire de l'UCK en une force militaire
moderne au service des objectifs stratégiques de l'Alliance. En 1999,
MPRI comptait "quatre?vingtonze anciens militaires de carrière,
très expérimentés, opérant en Bosnie-Herzégovine ".4 Le nombre
d'officiers militaires travaillant sous contrat avec l'UCK n'a pas été
révélé.
Il existe, cependant, un lien logique. Le chef d'état-major de l'UCK,
Agim Ceku (qui était auparavant avec les Forces Armées Croates) entretient
une relation de longue date avec MPRI. Ceku a commencé à travailler
avec MPRI en 1995 pour la planification de l'Opération Storm en Croatie,
qui a conduit à des massacres ethniques et à l'expulsion de plus de
200000 Serbes de la région de Krajina, en Croatie. Le fait que j Ceku
soit "un criminel de guerre supposé" ? selon les dossiers
du Tribunal de la Haye, organisme présentant ses conclusions au Secrétaire
Général des Nations?Unies ? ne semble pas, cependant, ennuyer qui que
ce soit à l'intérieur de la "communauté internationale'l.5
Ceku possède un laissez?passer des Nations?Unies, qui lui confère l'immunité
diplomatique à l'intérieur du Kosovo. Selon le procureur de l'ICTY,
Carla del Ponte, la réputation et l'intégrité de Ceku ne sont pas ternies,
cependant, parce que les "enquêtes du Tribunal de la Haye... concernent
des atrocités commises [par Ceku] à Krajina... entre 1993 et 1995...
On n'envisage pas de rouvrir le dossier de Ceku à l'intérieur même du
Kosovo".6
Derrière la façade polie de la diplomatie internationale, le Secrétaire
Général des Nations?Unies, Kofi Annan, a sciemment et délibérément approuvé
? sur instructions de Washington ? la nomination "d'un criminel
de guerre supposé" afin qu'il participe à une opération de maintien
de la paix menée par les Nations?Unies. En d'autres termes, le système
des Nations?Unies "finance le terrorisme", créant un précédent
très inquiétant dans l'histoire d'une organisation internationale respectée
: "Les Nations?Unies payent le salaire d'un grand nombre de gangsters"
qui sont maintenant impliqués dans les assauts terroristes lancés en
Macédoine.7
LE REINVESTISSEMENT
DES NARCODOLLARS
Le soutien des Nations?Unies ne constitue
qu'une source de financement parmi d'autres pour l'UCK. Diverses organisations
islamiques ont canalisé de l'argent et du matériel militaire vers la
KLA. Avant la guerre de 1999, "on a rapporté que des instructeurs
allemands, turcs et afghans formaient les combattants de l'UCK sur les
tactiques de guérilla et de diversion".8
Les mercenaires moudjahidin recrutés dans un certain nombre de pays
combattaient contre les Forces de Sécurité Serbes aux côtés de l'UCK
au Kosovo. Selon le Sunday Times, les récents assauts lancés par le
mandataire de la KLA dans la région de Tetovo, en Macédoine, ont été
"encouragés par les mercenaires d'Afghanistan et d'Arabie Saoudite".9
Largement appuyé à l'aide de documents, le trafic de stupéfiants dans
les Balkans sert à financer la guerre ethnique, avec la complicité des
États?Unis et de l'OTAN. Ce schéma de soutien indirect ? à travers le
réinvestissement des narcodollars ? fait partie intégrante des opérations
de couverture de la CIA depuis la guerre entre l'Union Soviétique et
l'Afghanistan.
Selon des documents de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine
(administration chargée de l'application de la législation anti drogue),
" certains membres de la célèbre mafia albanaise ont des liens
avec un cartel faisant la contrebande de stupéfiants" basé dans
la capitale du Kosovo, Pristina. Ce cartel est soi?disant composé d'hommes
de souche albanaise qui sont membres du Front National du Kosovo (KNF),
dont la branche armée est PUCK. Les documents de la DEA semblent montrer
qu'il s'agit de l'une des "plus puissantes organisations de contrebande
de l'héroïne au monde", ses profits étant détournés vers l'UCK
pour acheter des armes.
Selon les propres termes de l'ancien agent de la DEA et auteur Michael
Levine : "Il y a dix ans, nous armions et équipions les pires éléments
des moudjahidins en Afghanistan ? trafiquants de drogues, contrebandiers
d'armes, terroristes anti américains. Aujourd'hui, nous faisons de même
avec l'UCK, qui a des liens avec tous les cartels de drogue connus du
Moyen-Orient et de l'Extrême-Orient. Interpol, Europol et presque toutes
les agences européennes de renseignements et les agences anti?stupéfiants
possèdent des dossiers débouchant sur des gangs de trafiquants de drogue
qui conduisent tout droit à l'UCK et aux gangs albanais de ce pays."
11
Tandis que l'aide des États?Unis ?combinée à l'argent de la drogue est
canalisée vers l'UCK, Washington et Bruxelles condamnent pour la forme
les assauts terroristes de Tetovo fomentés par la NLA tout en niant
avec désinvolture les liens entre les attaquants et l'UCK. D'après les
propres termes de l'ancien Secrétaire Général de l'OTAN, Javier Solana:
"... ce serait une erreur de négocier ; il faut que les terroristes
soient isolés. Chacun de nous doit les condamner et les isoler. On n'arrive
à rien par la violence..."
L'OTAN a promis "d'affamer" les rebelles en coupant les voies
d'approvisionnement en provenance du Kosovo . voisin. 12 Tout en condamnant
les terroristes, l'OTAN par l'intermédiaire des Nations-Unies ? a également
"fait naître un besoin urgent de restrictions au sein des forces
macédoniennes".13
Ce double langage est bien entendu une forme de camouflage politique:
vous dites que vous êtes contre les terroristes et vous les soutenez
ensuite via l'UCK avec des fusils, des munitions et des conseillers
militaires payés par le Trésor public américain.
LES ÉTATS-UNIS FINANCENT
LES DEUX CAMPS
Mais il y a autre chose encore plus effrayant
que l'on n'a pas révélé à l'opinion publique. La guérilla de la région
de Tetovo, en Macédoine, est financée et, par conséquent, contrôlée
par Washington des "deux côtés" de la frontière. Tandis que
Washington injecte de l'argent à l'UCK, la FYR de Macédoine (état qui
a été un client docile) reçoit de la part des États-Unis une aide et
une formation sur le plan militaire. La Macédoine fait partie du programme
de Partenariat pour la Paix de l'OTAN (PfP) et aspire à devenir membre
à part entière de lOTAN.
Ce même groupe de conseillers militaires américains sous contrat avec
l'UCK "aide" aussi les Forces Armées Macédoniennes. MPRI tout
en aidant l'UCK lors de ses assauts terroristes ? est aussi présente
derrière les lignes ennemies en Macédoine dans le cadre d'un soi-disant
Programme de Stabilité et de Dissuasion. Ce dernier est destiné à "aider
les Forces Armées Macédoniennes... à prévenir les attaques armées et,
si cette force de dissuasion ne s'avérait pas efficace, à défendre le
territoire macédonien".14 Ce qui se passe, c'est que la société
américaine de mercenaires mandatée "pour défendre la frontière"
conseille aussi l'UCK sur la meilleure façon "d'attaquer la frontière".
N'est?ce pas clair comme de l'eau de roche ? Le stratagème de l'armée
et des services secrets consiste à financer les deux camps dans ce conflit,
à apporter une aide militaire à l'un et de l'argent à l'autre. Et ensuite
à "les faire se battre". C'est un jeu sinistre de l'armée
et des services secrets, une "opération menée de l'intérieur"
avec, des deux côtés, des conseillers militaires américaines issus de
la même équipe de mercenaires (MPRI). Le Programme de Stabilité et de
Dissuasion en Macédoine est en fait en grande partie financé par les
ventes américaines de matériel militaire à l'étranger (FMS) ; autrement
dit, MPRI est chargée de livrer aux Forces Armées Macédoniennes des
armes et du matériel obsolètes dont le Ministère américain de la Défense
veut se débarrasser (c'est?à?dire de pratiquer le dumping).
En outre, avec ses diverses sources de financement (drogues, organisations
islamiques, aide militaire américaine, contributions de la communauté
albano-américaine), l'UCK et son mandataire macédonien, la Ushtira Clirimtare
Komtare, sont avantagés. L'argent provenant de diverses sources, y compris
du trafic de drogue, excède largement les maigres allocations des FMS
accordées sous la forme d'un surplus d'équipement militaire au Ministère
macédonien de la Défense.15
Les rencontres amicales et cordiales organisées à Skopje en juillet
2000 entre le Général Henry H. Shelton, Président des Chefs d'état?major
des Armées aux États?Unis, et son homologue macédonien, le Général Jovan
Andrevski, constituent un écran de fumée manifeste. Tandis que les "huiles"
américaines soutiennent du bout des lèvres leur partenaire et allié
dans le cadre du PfP, l'UCK - avec l'aide la communauté albano?américaine
- recrute activement des citoyens américains pour participer au combat
en tant que volontaires contre les Forces Armées Macédoniennes.16
Gardez bien à l'esprit que ce schéma de
"financement des deux camps" ne se limite pas aux Balkans.
Depuis la fin de la Guerre Froide, Washington est mêlée à l'acheminement
d'un financement secret et au déclenchement de conflits civils dans
différentes régions du monde dont l'Afrique Centrale, le Caucase et
l'Asie Centrale. En finançant les deux camps, les États?Unis contrôlent
l'issue de la guerre.
MPRI SUPERVISE
LE SPECTACLE
MPRI, qui recrute un large éventail de
spécialistes de l'armée et des services secrets à partir de sa banque
de données constituées d'anciens membres du personnel militaire, est
contrôlée par une poignée d'anciens généraux et ex-officiers de la CIA.
Le Général Rich Griffitts (à la retraite), responsable du programme
de MPRI en Macédoine, dialogue avec le chef d'état?major macédonien.
Il dialogue aussi avec le Commandant de l'UCK, Agim Ceku, avec lequel
il entretient une relation de longue date depuis l'Opération Storm menée
en Croatie en 1995. Ceku fait partie du "réseau des anciens"
de MPRI. En collaboration avec MPRI, il fut l'un des principaux artisans
de l'Opération Storm. En cette qualité, il a aussi fait office de commandant
de la division d'artillerie, qui a bombardé sans pitié les civils serbes
de Krajina.17
Le fait que le personnel de MPRI posté au Kosovo soit ou non en contact
ou en communication directe avec ses collègues de Macédoine importe
peu : tout le personnel militaire de MPRI sur le terrain présente son
rapport à Rich Griffitt, Crosbie Saint et Carl Vuono (Président de MPRI)
au siège de la société à Alexandrie, en Virginie, aux États?Unis. Crosbie
Saint, responsable du "Groupe International" de la société,
coordonne les diverses opérations de MPRI au Kosovo et en Macédoine
ainsi qu'en Croatie et en Bosnie. De son côté, Saint, qui est un ancien
directeur du service de renseignements de l'armée de terre, est en contact
permanent avec le Pentagone, la KFOR et la CIA.18
LE PROGRAMME SECRET
Alors, de quel genre de guerre s'agit?il
? Les deux camps de la guerre frontalière de Macédoine sont contrôlés
par les États?Unis. Des membres du personnel militaire américain issus
de la même société privée de mercenaires sont postés "de part et
d'autre de la ligne", aidant leurs homologues locaux à se battre
sur l'ordre de Washington.
Si on laisse cette guerre se poursuivre, cela conduira inévitablement
à l'escalade d'une haine ethnique, à des victimes civiles et à une multitude
de réfugiés.
Cette situation entraînera à son tour une déstabilisation politique
et une agitation sociale tant en Macédoine qu'en Yougoslavie, donnant
ainsi un prétexte à Washington et à l'OTAN pour intervenir directement
sous couvert du "maintien de la paix" et de "l'instauration
de la confiance". Le programme secret englobe aussi la mobilisation
des hommes de souche albanaise en Macédoine pour soutenir la structure
de l'UCK ou en faire partie.
En d'autres termes, Washington "finance une guerre ethnique"
afin d'atteindre de larges objectifs géopolitiques, stratégiques et
économiques en utilisant l'UCK comme mandataire. Pendant ce temps, la
"communauté internationale", mettant en garde contre une "catastrophe
humanitaire" imminente, a envoyé une armée d'observateurs et d'experts
des droits de l'homme avec un mandat pour protéger les droits politiques
et sociaux de la population de souche albanaise. Cette "réconciliation"
arrangée ? imposée par l'OTAN sous les auspices des Nations?Unies ?
part du principe que la population de souche albanaise en Macédoine
est une minorité sociale opprimée. Non seulement entretient?elle des
divisions socio?ethniques à l'intérieur de la Macédoine mais elle offre
aussi une légitimité aux "guérilleros" parrainés par l'UCK
tout en suscitant la compassion des médias internationaux. Elle tend
à discréditer les Forces de Sécurité Macédoniennes, affaiblissant ainsi
leur capacité à combattre l'UCK.
Tandis que Washington continue dans l'ombre à soutenir les terroristes,
l'alliance militaire se présente comme un médiateur impartial. A son
tour, le porte?parole officieux de l'OTAN, l'Organisation pour la Sécurité
et la Coopération en Europe (OSCE), fait porter la responsabilité sur
le gouvernement de Skopje, invitant "les autorités légales de la
FYR de Macédoine, de Presevo et du Kosovo à agir pour restaurer la paix
et la sécurité ... tous les secteurs de la société macédonienne [devraient]
coopérer pacifiquement et... instaurer une confiance inter?ethnique".19
L'envoi de troupes bulgares en Macédoine (dans le cadre du programme
de Partenariat pour la Paix de l'OTAN) pour combattre les rebelles pourrait,
s'il se concrétisait, contribuer au déclenchement d'une conflagration
bien plus importante dans la région. De même, des affrontements ethniques
? également manigancés par Washington ? ont été provoqués au Monténégro,
qui comporte une minorité albanaise assez importante. Et au Monténégro,
la MUP, la force de police fortement partisane du Monténégro, reçoit
l'aide des Forces Armées Croates, qui, à leur tour, sont formées par
MPRI dans le cadre du Système de Formation ? et de Préparation des Forces
Armées Croates (CARTS) ainsi qu'on l'appelle. De même, réclamer "l'autonomie"
pour la population de souche hongroise dans le nord de Volvodina fait
partie du stratagème de l'OTAN, de grands nombres de troupes de l'OTAN
étant postés du côté hongrois de la frontière. Sur un plan plus général,
les divers contrats d'assistance militaire dont bénéficient la Croatie,
la Bosnie et l'UCK sont en fin de compte dirigés contre la Serbie.20
Bien que les gouvernements de Belgrade et de Skopje se conforment aux
exigences de Washington, la politique étrangère américaine vise à la
longue à démanteler les institutions politiques et à se débarrasser
des partis politiques qui résistent à la domination des États-Unis et
de l'OTAN. Leur objectif est de finir par faire éclater ce qu'il reste
de la Yougoslavie en ce que le représentant des Balkans au sein des
Nations?Unies, Carl Bildt, a appelé un "patchwork de protectorats"
sur le "modèle Kosovo Bosnie", sous le contrôle du programme
de "maintien de la paix" des Nations?Unies ? c'est?à?dire,
sous occupation militaire.21
Un accord du style de ceux de Dayton est le cadre choisi pour déplacer
et détruire des institutions nationales existantes comprenant un système
parlementaire fragile mais néanmoins opérationnel. En ce qui concerne
la Macédoine, l'OSCE a désigné l'ambassadeur Robert Frowick pour travailler
avec le gouvernement de Skopje. Les termes de son mandat sont clairs.
En 1996, on a confié à Frowick la mise en place de la "démocratie"
en Bosnie?Herzégovine dans le cadre des Accords de Dayton ; la "Constitution"
bosniaque ? préalablement rédigée par des hommes de loi américains au
sein de la base d'aviation militaire de Dayton, dans l'Ohio, aux États?Unis
? a été annexée à l'Accord de Cadre Général de 1995 arrangé par les
Etats?Unis.22
LE DEMANTELEMENT DU
NOUVEL ORDRE MONDIAL
Les assauts terroristes en macédoine et
dans le sud de la Serbie servent les objectifs stratégiques de Washington
en violation flagrante du droit international. L'OTAN est de plus en
plus discréditée aux yeux de l'opinion publique internationale. Les
mensonges et contrevérités se font jour et le peuple de Yougoslavie
est résolu à préserver sa souveraineté face à l'agression de l'Amérique.
La politique étrangère des États-Unis
dirigée contre des "états dits non conformistes" manque de
crédibilité, tant aux États-Unis que sur le plan international. Partout
dans le monde, des citoyens ont les yeux tournés vers la Yougoslavie
et vers le courage de son peuple qui a résisté à l'imposition du Nouvel
Ordre Mondial. Les mensonges concernant la guerre contre la Yougoslavie
ont été découverts et révélés à des millions de gens.
Notes de fin
1. Voir Tom Walker et Aiden Laverty, "La
CIA a aidé l'armée des guérilleros du Kosovo", Sunday Times, Londres,
12 mars 2000.
2. Voir "Loi donnant mandat aux services
secrets pour l'année budgétaire 2000", HR 1555, Section 308, intitulée
"Rapport sur l'Armée de Libération du Kosovo", disponible
sur le site http://www.senate.gov/search/index.html.
3. Voir Tammy Arbucki, "La Création
d'une armée bosniaque", Jane's International Defence Review, août
1997.
4. Voir Military Professional Resources,
Inc, "Besoins en personnel", page web de MPRI à l'adresse
http://www.mpri.com/.
5. Voir Michel Chossudovsky, "Les
Nations?Unies nomment un criminel de guerre supposé", Emperor's
Clothes, mars 2000, http://emperors?clothes.com/articles/chuss/unandthe.htm.
6. Voir Tom Walker, "Le Chef de la
défense du Kosovo accusé de crimes de guerre", Sunday Times, Londres,
10 octobre 1999.
7. Cité dans John Sweeney et Jen Holsoe,
"La force chargée de réagir face au désastre du Kosovo se trouve
accusée de meurtre et de torture", Observer, Londres 12 mars 2000.
8. Voir Michel Chossudovsky, "Les
Guérilleros du Kosovo sont soutenus financièrement par le crime organisé",
Covert Action Quarterly, automne 1999; également publié par Emperor's
Clothes, http://emperors?clothes.com/
9. Voir Tom Walker, "Les Troupes
de l'OTAN prises dans l'Ulster des Balkans", Sunday Times, Londres,
18 mars 2001.
10. D'après des documents de la DEA examinés
et cités dans R. Chandran, "L'UCK soutenue par les Etats?Unis est
liée au réseau de l'héroïne", à l'adresse http://www.voz?rebelde.de/ipan5l.htm.
Voir aussi Michel Chossudovsky, "Les Guérilleros du Kosovo sont
soutenus financièrement par le crime organisé".
11. Cité dans New American Magazine, 24
mai 1999.
12. Cité dans le New York Times, 20 mars
2001.
13. Mission d'Administration Intérimaire
des Nations-Unies au Kosovo (UNMIK), communiqué de presse, 29 mars 2001.
14. Voir la page web de MPRI, http: //www.mpri.com/subchannels/int_europe.html.
15. L'aide militaire américaine dans le
cadre du programme des FMS pour la Macédoine a été de 4 millions de
dollars pour l'année budgétaire 2000; 7,9 millions de dollars ont été
affectés pour 2001. Plus récemment, les États-Unis ont annoncé un contrat
global d'assistance militaire de 13,5 millions de dollars. Voir Gouvernement
de Macédoine, Ministère de la Défense, Communiqué, 21 mars 2001; "Justification
du budget du Congrès pour les opérations à l'étranger", année budgétaire
2001, publiée par le Bureau du Secrétaire d'État, Ressources, Plans
et Politique, Département d'État américain, 15 mars 2000.
16. New York Times, 19 mars 2001.
17. Voir Michel Chossudovsky, "L'OTAN
a instauré le règne de la terreur au Kosovo", juillet 1999, http://emperors?clothes.com/.
18. Voir la page web de MPRI, op. cit.
19. Déclaration du Président de l'Assemblée
Parlementaire de l'OSCE, Severin, sur l'ancienne République Yougoslave
de Macédoine et du Kosovo, 23 mars 2001, à l'adresse : http://www.osce.org/news/generate.php3?news_id=1563.
20. Voir Michel Chossudovsky, "La
Guerre contre la Yougoslavie n'est pas finie", juin 2000, à l'adresse
www.emperors?clothes.com/articles/ chuss/warnot.htm.
21. Voir la déclaration de Carl Bildt
à l'adresse http://www.usip.org/oc/cibriefing/bildt_cib.html. Bildt
devint le Haut Représentant en Bosnie suite à l'adoption des Accords
de Dayton en 1995.
22. Pour une discussion sur le sujet,
voir Michel Chossudovsky, "Démanteler la Yougoslavie, Recoloniser
la Bosnie", Covert Action Quarterly, printemps 1996 ; également
publié par Emperor's Clothes à l'adresse http://emperors?clothes.com/index.htm.
Le texte de la Constitution bosniaque est disponible à l'adresse http://www.bosnia.co.uk/dayton.html
Traduction Christèle Guinot
© mars 2001
L'AUTEUR:
Michel Chodussovsky est professeur d'économie
à l'université d'Ottawa, au Canada, et il est l'auteur de The Globalization
of Poverty [La mondialisation de la pauvreté] (Common courage press,
2001). Vous pouvez le contacter par fax au +1 (514) 425 6224 ou par
e-mail à l'adresse chossudovsky@videotron.ca. Vous pouvez aussi
consulter le texte de cet article, qui s'intitulait à l'origine "Washington
finance une guerre ethnique dans les Balkans ", sur le site Internet
dEmperors Clothes, http://emperors-clothes.com/articles/choss/fin.htm.
SOURCE : Nexus n°16 http://www.nexus.fr