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LA SAGESSE EN REPONSE A LA VIOLENCE

Déclaration du Club du Budapest

Les attentats suicide du 11 septembre sur le World Trade Center de New York et le Pentagone de Washington ont été des crimes contre la vie humaine et toutes les civilisations. Nous condamnons cet acte de terrorisme et appelons partout dans le monde les peuples pacifiques et attachés aux valeurs morales à s'unir pour mettre fin au terrorisme et à la violence sous toutes ses formes. Ce n'est pas en tuant des innocents et en détruisant leurs lieux de travail et leurs habitations que l'on résoudra les problèmes dans le monde.
Si nous voulons réussir à éradiquer la violence et le terrorisme dans le monde, nous devons agir avec sagesse. On ne viendra pas à bout de la violence et du terrorisme avec des représailles basées sur le principe œil pour œil dent pour dent. Les racines premières de la violence sont enfouies bien plus profond que l'engagement fanatique des terroristes et les revendications religieuses des fondamentalistes. Tuer un groupe de terroristes ne résoudra pas le problème : tant que les racines sont là, d'autres prendront leur place.
La terreur qui surgit dans le monde d'aujourd'hui est un symptôme des frustrations de longue date profondément ancrées, d'un ressentiment et d'un sentiment d'injustice, et éliminer le symptôme ne guérit pas la maladie.
Le Club de Budapest s'est engagé à rechercher les causes de la violence dans le monde. Tant qu'elles ne seront pas éliminées, la paix ne pourra pas régner dans le monde. Il ne pourra y avoir qu'un intermède incertain entre des actes de violence et des hostilités à grande échelle.

Lorsque les populations sont frustrées, qu'elles nourrissent de la haine et un désir de vengeance, elles ne peuvent entretenir des relations dans un esprit de paix et de coopération.

Que la cause en soit l'ego blessé d'une personne ou la dignité blessée d'un peuple, et que ce soit le désir de vengeance personnelle ou une guerre sainte pour la défense d'une croyance, le résultat en est la violence, la mort et la catastrophe. Parvenir à faire régner la paix dans le cœur des peuples est la condition sine qua non pour parvenir à faire régner la paix dans le monde.
Le Club de Budapest soutient que répondre à la violence et au terrorisme par la sagesse est un moyen d'aider les hommes à être en paix avec eux-mêmes et avec leurs frères, d'ici et d'ailleurs. Encourager la solidarité et la coopération dans la cause commune de l'équité et de la justice est le seul chemin possible pour atteindre une paix durable sur Terre.

Ervin LASZLO, FondateurIPrésident Contact: Club of Budapest, 10510 Cavalcade St., Great Falls, VA 22066, USA. E-mail: COBsecretariat@aol.com


SIGNATAIRES :

SE Dsingis AITMATOV Écrivain (Kazakhstan)
Prof. Thomas BERRY. Théologien/Scientifique (États-Unis)
Sir Arthur:C CLARKE, Écrivain (Royaume?Uni/Sri Lanka)
S.M. Le XlVème DALAÏ LAMA Homme d'état/Chef spirituel. (Tibet)
Dr Riane EISLER Écrivain (États-Unis)
Peter GABRIEL Musicien (Royaume?Uni)
Dr. Jane GOODALL scientifique (Royaume-Uni/Tanzanie)
Rivka GOLANI Musicienne (Royaume?Uni/Israël)
Prof. Otto Herbert HAJEK Sculpteur (Allemagne)
Miklos JANCS0 réalisateur (Hongrie)
Pir Vilayat Inayat KHAN, Chef spirituel (France/Iran)
Prof. Hans KUNG Théologien/chef spirituel (Allemagne)
Prof. Shu?bsien LIU Philosophe, (Chine)
Dr. Edgar MITCHELL Scientifique/Astronaute eu,
Lady Fiona MONTAGU Humaniste (Royaume?Uni)
Dr. Robert MULLER Éducateur/Militant (France/Costa-Rica)
Sir Joseph ROTULAT Scientifique/Prix Nobel de la Paix (Royaume?Uni)
Dr. Peter RUSSELL Philosophe/futurologue (Royaume-Uni)
Masami SHIONJI Chef spirituel (Japon)
Sir Sigmund STERNBERG Chef spirituel œcuménique (Royaume-Uni)
Archevêque Desmond TUTU Chef spirituel/prix Nobel de la paix (Afrique du Sud)
Liv ULLMANN Actrice/Réalisatrice (Norvège)
Sir Peter USTINOV Acteur/écrivain/réalisateur (Royaume-Uni/Suisse)
SE Richard von WEIZSACKER Homme d'état (Allemagne)
Betty WILLLIAMS Prix Nobel de la Paix (Irlande)
Mohammad YUNUS Économiste (Bangladesh)

Source :
positive News N'30 - hiver 2001
SOURCE : NEXUS n°18 - Janvier/Février 2002
CONTACT : CLUB OF BUDAPEST
10510 Cavalcade St., Great Falls, VA 22066, USA
e.mail : COBsecretariat@aol.com

 

LETTRE OUVERTE À M. ERVIN LASZLO
Fondateur Président du Club de Budapest
10510 CAVALCADE
ST GREAT FALLS (USA)


Monsieur le Président,

C'est avec consternation que nous avons pris connaissance de la déclaration du Club de Budapest parue dans NEXUS (France) N°18 : " La sagesse en réponse à la violence ". Cette affirmation, défiant le bon sens, ne nous semble pas du niveau d'une assemblée qui a l'honneur de compter parmi ses membres un guide spirituel de premier plan.

Car pour nous, Monsieur le Président, la sagesse n'est pas un remède, sa fonction est de prévenir, d'entretenir l'équilibre et non pas de guérir un mal.

Nous osons croire que lorsque vous annoncez : "Le Club de Budapest s'est engagé à rechercher les causes de la violence" vous ne vous doutez pas que le lecteur puisse légitimement se demander s'il s'agit là d'inconscience, de cynisme ou d'humour noir de votre part !

Il nous apparaît évident que la cause première de la violence est à rechercher uniquement dans l'absence totale de sagesse dans la gestion et l'organisation de nos sociétés où tout est axé et structuré autour du désir et non pas de la sagesse. Et c'est bien là que se trouve l'origine de bien des maux dont souffre l'humanité : compétition, arrivisme, élitisme, jalousie, opposition de force et donc forcément violence.

Le Dalaï Lama affirmera probablement avec nous que la paix et l'équilibre d'une société se construisent à partir de l'équilibre des individus qui la composent, équilibre qui ne se réalise qu'en harmonisant Coeur et Raison. Cela exige que dans une démocratie on fasse appel autant à la sagesse du peuple qu'à ses doléances et à ses compétences. Citez-nous un seul pays, Monsieur le Président, où l'on sollicite la sagesse du peuple, ce peuple que, par la suffisance que donne une illusoire supériorité, l'on traite avec condescendance, l'on ignore, l'on méprise, ce peuple dont on excite la convoitise et les bas instincts, dans le seul but de le maintenir dans la dépendance afin de mieux l'exploiter !

Mais tout espoir n'est pas perdu, Monsieur le Président. Grâce aux événements du 11 septembre, ce " peuple " est de moins en moins dupe de la manipulation et du cynisme de ces prétendues " élites " -autoproclamées- qui, sous la bannière de la liberté, des droits de l'homme, d'une justice infinie et d'un flot de discours soporifiques, mènent le monde, non pas vers la démocratie planétaire, mais vers une république mondiale, ce qui n'est ni plus ni moins que la dictature finale de ceux qui, à travers les générations, ont l'autorité et le pouvoir en main et qui sont loin d'être prêts à abandonner leurs prérogatives.

La réponse à la violence, c'est l'instauration d'une véritable démocratie où l'autorité et le pouvoir, la sagesse et la compétence seraient entre les mains du peuple, c'est-à-dire de tous !

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, que le seul but de cette lettre ouverte est de contribuer modestement à briser le carcan de l'ignorance, de la dissimulation, de la désinformation, du mensonge et de la démagogie qui empêchent l'humanité de se libérer du subjectivisme dans lequel -depuis des siècles- on la tient prisonnière.

Sincèrement vôtre,

ISSELEE Johan
Philosophe
FRANCE

 

 

 

 


Note : Texte à diffuser le plus largement possible.