DES CORPS D'ARMEE SECRETS DE L'OTAN LIES AU TERRORISME
Au moment où les experts s'interrogent pour savoir si l'OTAN
offre un cadre approprié à la conduite de la "guerre
contre la terrorisme" dans le monde, une nouvelle étude
suggère que l'histoire secrète de l'alliance a des liens
avec le terrorisme. En Italie, le 3 Août 1990, le Premier Ministre
Giulio Andreotti a confirmé l'existence d'une armée
secrète d'Etat, dont le nom de code est "Gladio"
(en latin : épée): Son témoignage, divulgué
avant la conduite d'une enquête sur le terrorisme par une sous-commission
du Sénat italien, a causé une onde de choc au sein du
Parlement et de l'opinion publique, amplifiée par la spéculation
d'une manipulation de la politique italienne au moyen d'actes de terrorisme
perpétrés par ce corps secret. Andreotti révèle
que l'existence de la Gladio a été cachée au
sein du Ministère de la Défense sous la couverture de
sous-section du SISMI, les services secrets militaires. Selon un document
de 1959 du SISMI, les armées secrètes avaient un double
objectif stratégique en Europe : tout d'abord, opérer
comme un pseudo groupe "arrière" dans le cas d'une
invasion soviétique et conduire la guérilla sur les
territoires occupés, et mener à bien certaines opérations
nationales pour répondre aux "situations d'urgence".
Felice Casson, le premier juge italien ayant découvert l'existence
de la Gladio au cours de ses enquêtes sur le terrorisme d'extrême
droite, a constaté que l'armée secrète s'était
alliée avec les terroristes d'extrême droite dans ces
"situations d'urgence". Ces terroristes, armés par
l'armée secrète, réalisèrent sur des sites
publics des attentats à la bombe dont la responsabilité
fut rejetée sur la gauche italienne et furent ensuite protégés
des poursuites judiciaires par les services secrets de l'armée.
"Le but en était très simple: pousser l'opinion
italienne à se tourner vers l'Etat pour demander une sécurité
accrue. Cette logique politique est à la source de tous les
attentats à la bombe restés impunis ainsi qu'expliqua
Vincezo Vinciguerra, ancien terroriste de droite au sujet de la "stratégie
de la tension" au juge Casson.
Le Sénat Italien choisit d'être plus explicite et conclut
dans son enquête en 2000 : "Ces massacres et ces attentats
sont des actions militaires organisées, favorisées ou
soutenues par des hommes oeuvrant au sein même des institutions
de l'Etat italien et, comme il l'a été découvert
plus récemment, par des hommes liés aux structures des
services de renseignements américains."
A la découverte de l'existence de ce type de corps secrets
d'armée, le Parlement européen a émis une sévère
critique, les suspectant d'avoir été impliquées
dans les manipulation liées aux opérations de terrorisme
en Europe.
'Le Dr Daniele Ganser, éminent chercheur au Centre for Security
Studies de l'ETH à Zurich et auteur de "NATO's Secret
Armies" confirme pour la première fois que des réseaux
de renseignements à travers l'Europe de l'Ouest, y compris
en Allemagne, en France, en Espagne, au Portugal, en Hollande, au
Luxembourg, en Belgique, au Danemark, en Norvège, en Italie,
en Grèce et en Turquie, ont nécessité une planification
stratégique issue de Grande Bretagne et des USA. Les armées
de "l'arrière" étaient coordonnées
à un niveau international par le prétendu Comité
Clandestin Allié (ACC) et le Comité d'Organisation Clandestine
(CPC) affilié au QG suprême des forces de l'OTAN en Europe
(SHAPE).
Elles utilisaient des noms de couverture tels que "Absalon"
au Danemark, "P26" en Suisse, "ROC" en Norvège
et "SDRA8" en Belgique. II est intéressant de noter
que de grandes différences existaient d'un pays à un
autre. Dans certains, les armées secrètes se sont changées
en creuset du terrorisme, tandis que dans d'autres, elles gardèrent
un simple rôle de prévention. En Turquie, la "Contre-Guérilla"
est impliquée dans le terrorisme local et les opérations
de torture menées contre les Kurdes, et en Grèce, le
"LOK" a participé au "coup d'état des
colonels" de 1967 pour empêcher l'arrivée au pouvoir
d 'un gouvernement socialiste. En Espagne : armée secrète
était utilisée pour soutenir la dictature fasciste de
Franco, et en Allemagne les terroristes de droite ont utilisé
les explosifs de l'armée secrète pour l'attentat terroriste
de Munich en 1980.
Dans d'autres pays, comme le Danemark, la Norvège et le Luxembourg.
les soldats secrets furent entraînés pour une éventuelle
occupation de leur pays natal et n'ont jamais pris part a aucun acte
de terrorisme ou de manipulation. Dans le contexte actuel de la prétendue
guerre contre le terrorisme. les données sur la Gladio soutiennent
l'idée que les gouvernements occidentaux ont sacrifié
les vies d'innocents citoyens et couvert des actes de terrorisme pour
manipuler le peuple. Les allégations selon lesquelles l'OTAN,
le Pentagone, la NIG, la CIA et les services de renseignements Européennes
ont entretenu des liens avec le terrorisme, les coups d'Etat et la
torture en Europe sont évidemment de nature extrêmement
délicate et leur vérification nécessitera de
futures enquêtes.
(Source : International Relations and Security Network ISN Security
watch, ETH Zurich. Suisse I S décembre 2004,
NEXUS n°38 mai-juin 2005
http://www. isn. etbz. ch/news/sw/details.chm?ID=103 73