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L'ASIO (Agence Nationale de Sécurité Australienne) SE VOIT ACCORDER DES POUVOIRS SANS PRÉCEDENT SUITE AUX ATTENTATS DU 11 SEPTEMBRE

Donner un élan supplémentaire aux organismes de police politique d'Australie, y compris des pouvoirs sans précédent pour détenir des gens en secret sans chef d'accusation, est devenu l'une des principales questions à l'ordre du jour pour le gouvernement Howard en cette nouvelle année.
Lors de la dernière séance du Conseil des Ministres en 2001, le 18 décembre, le gouvernement a approuvé " une série de mesures " sous prétexte de combattre le terrorisme. Il a aussi annonce un sommet de chefs de gouvernements nationaux prévu en mars visant à renforcer et peut?être restructurer les forces de police et de renseignements.
Le Conseil des Ministres a confirmé un plan, dévoilé pour la première fois à la suite des attentats du 11 septembre aux États-Unis, destiné à permettre à l'ASIO de détenir et d'interroger pendant 48 heures tout individu soupçonné d être impliqué dans le terrorisme ou de posséder des informations sur le terrorisme.
Les détenus seront isolés, sans possibilité de contacter leur famille ni de bénéficier de conseils ou d'une représentation juridiques. L'ASIO ne sera pas tenue de spécifier un chef d'accusation ou de fournir des preuves, pourtant tout prisonnier qui refusera de répondre à ses questions risquera cinq ans d'emprisonnement.
Travaillant en collaboration avec la police d'état et la police fédérale, l'ASIO sera en mesure de faire arrêter des gens, de les porter devant un tribunal et de leur ordonner de fournir des informations ou de remettre des documents, même s'ils ne sont pas eux?mêmes soupçonnés d'activité terroriste. Ces dispositions pourraient être facilement utilisées contre des journalistes et des militants politiques.
Selon le Ministre de la Justice Daryl Wdliams, le mot " terrorisme " sera redéfini de façon à inclure toute action ou omission " à des fins politiques, religieuses ou idéologiques destinée à intimider le public en ce qui concerne sa sécurité et à endommager sérieusement des personnes, des bâtiments ou des infrastructures ". Le code pénal couvrira aussi la collaboration, l'aide, le complot, la tentative et l'incitation, la peine maximale de tous ces délits étant la prison à perpétuité. Ces clauses sont si radicales qu'elles pourraient couvrir tout un éventail d'activités politiques ? dissidentes, y compris la contestation et la diffusion de prospectus. En outre, la collecte, l'encaissement ou l'apport de fonds pour la préparation. et la planification du terrorisme, ou une aide consciente pour l'une de ces activités, sera passible d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à 25 ans. On accordera à l'ASIO et à d'autres organismes de police et de renseignements le droit d'avoir accès à des e?mails non lus, leur permettant d'agir sur la base de messages que le destinataire supposé n'aura même pas vus. On les autorisera aussi à partager les informations qu'ils détiennent sur le terrorisme et de prétendus liens financiers avec des organismes étrangers équivalents. L'ASIO bénéficiera d'un financement et de ressources supplémentaires, pas encore spécifiés, et " le Conseil des Ministres examinera de plus près une série de mesures supplémentaires " au cours de cette nouvelle année. Au cours de ces vingt dernières années, PASIO s'est déjà' vue attribuer le droit de pratiquer des écoutes téléphoniques, d'intercepter courrier et e?mails, d'implanter des systèmes de localisation sur des personnes ou des véhicules et d'installer des systèmes d'écoute dans les bureaux et les habitations. Elle peut facilement obtenir des mandats de perquisition et entrer, physiquement ou électroniquement, dans des fichiers et des bases de données informatiques.
Ce n'est pas la première fois que les gouvernements saisissent la menace terroriste supposée pour étendre les pouvoirs de l'ASIO. La première Loi ASIO fut adoptée en 1979 suite a la tentative d'attentat de 1978 contre l'Hôtel Hilton de Sydney pendant une rencontre des chefs de gouvernement du Commonwealth. Le gouvernement fédéral Fraser, rejoint par le gouvernement Wran de Nouvelle?Galles du Sud, a déclaré que l'Australie était entrée dans " l'ère du terrorisme ". Cet attentat n'a toujours pas été élucidé à ce jour mais il a mené à deux machinations policières autour de membres de la secte religieuse Ananda Marga. Des membres de la secte ont passé des années en prison avant que les machinations ne soient dévoilées, toutes les preuves indiquant alors que la bombe avait été placée par l'ASIO elle?même ou un autre organisme de police. En 1999, lors des Jeux Olympiques de Sydney, le gouvernement Howard a cité la peur du terrorisme comme prétexte pour donner à l'ASIO des pouvoirs supplémentaires considérables. Aucun acte terroriste n'a finalement eu lieu mais les pouvoirs de l'ASIO ? parmi lesquels le piratage informatique, l'accès aux dossiers fiscaux et l'implantation de systèmes secrets de localisation ? sont demeurés intacts. Le gouvernement s'est aussi servi des Jeux pour faire passer une loi stipulant que l'armée pouvait être appelée en cas d'agitation politique intérieure.

Source : par Mike Head via le site Internet World Socialist, WSWSorg, 27 décembre 2001,
www.wsws.org/articles/2OO1/dec2OO1/asio?d27.shtml)
NEXUS n°20


 

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