Monsieur l’Ambassadeur,
L’espoir qui
resterait aux peuples du monde de voir
les générations futures
préservées du fléau
de la guerre grâce aux Nations
Unies serait anéanti par une
nouvelle attaque des États-Unis
contre l’Irak. Les menaces, brandies
par le président Georges Bush,
le Vice-président Cheney, le
secrétaire à la défense
Rumsfeld, et divers attachés
de cabinet et officiels du Pentagone,
d’attaquer l’Irak, de l’envahir
et de renverser son gouvernement constituent
un leit-motiv depuis un an. La guerre
psychologique elle-même est un
crime contre la paix et viole la charte
des Nations Unies. La une du New York
Times d’aujourd’hui (29
juillet) "Les USA considèrent
une frappe sur Bagdad comme une des
options de leur politique irakienne
", est caractéristique de
l’intention terroriste de ces
menaces. Le danger résultant
d’une telle attaque pour la population
civile serait énorme.
Les Nations Unies doivent
agir pour empêcher une attaque
de l’Irak par les États-Unis.
Si les Nations Unies
sont incapables d’empêcher
les États-Unis, un membre permanent
du Conseil de Sécurité,
de commettre des crimes contre la paix
et l’humanité ainsi que
des crimes de guerre envers une nation
qui a déjà souffert au-delà
de toutes limites du fait des agressions
américaines, alors à quoi
servent encore les Nations Unies ? L’opposition
à toute attaque ou tentative
de renverser le gouvernement irakien
par la force doit, et c’est la
moindre des choses, être exprimée
publiquement par les Nations Unies.
Les États-Unis
ont impitoyablement bombardé
un Irak sans défense pendant
42 jours en 1991.
Les États-Unis
ont dirigé l’assaut massif
sur l’Irak en janvier et février
1991. Le Pentagone a annoncé
qu’il avait mené 110 000
sorties aériennes contre le "
berceau de la civilisation ", larguant
88 500 tonnes de bombes. Ces bombardements
à grande échelle ont détruit
la viabilité économique
de la société civile dans
tout le pays. Ils ont tué des
dizaines de milliers de citoyens irakiens.
Une partie essentielle des bombardements
était dirigée contre les
civils et les installations civiles.
Ils étaient moins précis
que les récentes attaques indiscriminées
contre l’Afghanistan. Les bombes
américaines ont détruit
des systèmes d’approvisionnement
en eau, des réseaux de transmission
d’électricité, des
moyens de communications et de transport,
des industries, des commerces, des installations
agricoles, de la volaille et du bétail,
des entrepôts de nourriture, des
marchés, des usines de fertilisants
et d’insecticides, des centres
d’affaire, des trésors
archéologiques et historiques,
des appartements, des zones résidentielles,
des écoles, des hôpitaux,
des mosquées, des églises
et des synagogues.
Le Pentagone a affirmé
que ses pertes s’élevaient
à 156 personnes. Un tiers de
ses pertes étaient le fait des
propres tirs américains ; le
reste était accidentel. Les États-Unis
n’ont pas subi de pertes au combat.
Les États-Unis
ont forcé l’imposition
de sanctions génocidaires envers
l’Irak en 1990.
Les États-Unis
ont élaboré des sanctions
économiques contre l’Irak
que le Conseil de Sécurité
a approuvé le 6 août 1990,
45ème anniversaire de l’attaque
nucléaire américaine sur
Hiroshima. Ces sanctions sont la cause
directe de la mort cruelle de plus d’un
million de personnes.
C’est le plus
grand crime contre l’humanité
de cette dernière décennie
du 20ème siècle, le plus
violent de l’histoire. Chaque
mort douloureuse d’une personne
dépérissant de malnutrition,
de " kwashiorkor ", une poussée
de déshydratation causée
par de l’eau contaminée,
ou de maladie, aurait pu être
empêchée. Les sanctions
persistent jusqu’à aujourd’hui
et causent des centaines de morts chaque
jour. Chaque agence des Nations Unies
traitant des problèmes d’alimentation,
de santé et des enfants comme
la FAO, le Plan Alimentaire Mondial,
l’OMS, l’Unicef ont proclamé
l’horreur et l’amplitude
de cette catastrophe humaine et en ont
indiqué la responsabilité.
La grande majorité
des victimes des sanctions sont des
enfants, des personnes âgées,
des malades chroniques et des cas médicaux
urgents. Ce sont les personnes les plus
vulnérables à l’eau
polluée, à la malnutrition,
et au manque de médicaments et
d’équipements médicaux.
Les affirmations américaines
selon lesquelles ce serait le gouvernement
irakien qui serait responsable des décès
par manque de nourriture et de médicaments
sont fausses. Les États-Unis
ont bloqué les ventes de pétrole
par l’Irak pendant six ans avant
de faire semblant de se soumettre aux
impératifs humanitaires en autorisant
des ventes de pétrole pour acheter
de la nourriture et des médicaments.
Depuis 1997, lorsque les ventes ont
commencé, ils ont dans les faits
saboté et retardé le programme
" pétrole contre nourriture
", qui ne fournit pas de revenus
suffisants pour atteindre le niveau
requis pour stopper la détérioration
quotidienne de la santé et la
croissance du taux de mortalité
en Irak. Avant les sanctions, il n’y
avait virtuellement pas de malnutrition
en Irak et son système de santé,
ses hôpitaux et médicaments
gratuits étaient un modèle
pour la région. Son système
gouvernemental de distribution des denrées
alimentaires est un modèle d’équité
et d’efficacité, manquant
seulement de quantité et de variété
de nourriture.
L’aviation militaire
américaine a attaqué l’Irak
à volonté pendant onze
ans.
Les États-Unis
ont effectué des attaques aériennes
contre l’Irak à volonté
depuis mars 1991, lorsqu’ont pris
fin les attaques massives qui se déroulaient
à un rythme d’une sortie
aérienne toutes les 30 secondes.
Sans perdre un seul avion, les attaques
américaines ont tué, entre
autres : du personnel de nettoyage à
l’hôtel Al Rashid de Bagdad
lors d’une tentative manquée
d’assassiner Saddam Hussein ;
un grand nombre de personnes chaque
année dans des attaques contre
des stations radars dans les zones d’exclusion
aérienne imposées par
les USA ; toutes les personnes à
bord d’un hélicoptère
de l’ONU abattu par un avion américain
; et des civils de toutes catégories,
y compris l’artiste réputée
internationalement et directrice du
centre national artistique irakien,
Leila al Attar.
L’Irak ne constitue
pas une menace pour les USA, les pays
de la région ou d’autres
pays.
Les USA ont faussement
affirmé que l’Irak travaillait
au développement d’armes
de destruction massive pour attaquer
les USA, Israël, ses voisins et
d’autres pays. Les USA ont affirmé
que ses attaques de 1991 ont détruit
80% de la capacité militaire
irakienne. Les inspecteurs de l’ONU
ont affirmé avoir découvert
et démantelé 90% de la
capacité irakienne (d’après
1991) de développement d’armes
de destruction massive. L’Irak,
son peuple et ses ressources sont épuisés.
L’Irak possède une génération
" rachitique " d’enfants
en-dessous de 10 ans et une population
de tous âges qui est affaiblie.
Elle est la victime du pire crime contre
l’humanité des récentes
décennies.
Les États-Unis
sont le plus grand vecteur de violence
sur la Terre.
Deux des officiels
les plus haut placés des Nations
Unies responsables des inspections d’armement
de l’ONU en Irak et un citoyen
américain honnête participant
aux inspections ont démissionné,
dénoncé les sanctions
et nié qu’il existe une
menace que l’Irak développe
des armes de destruction massive.
Les USA possèdent
plus d’armes nucléaires
que toutes les autres nations réunies
ainsi que les systèmes les plus
sophistiqués et les plus nombreux
pour le lancement d’armes nucléaires,
y compris la flotte sous-marine des
Trident II. Ils possèdent les
plus grands stocks d’armes chimiques
et biologiques et développent
la recherche la plus avancée
et la plus extensive sur les armes de
destruction massive dans le monde. Les
dépenses militaires des USA excèdent
celle des neuf plus importants budgets
militaires suivants réunis. Le
président Bush a proclamé
à plusieurs reprises son droit
de frapper le premier. Les USA ont attaqué
Hiroshima et Nagasaki avec des bombes
atomiques et continuent à justifier
de tels actes.
Les USA ont dénoncé
les traités contrôlant
les armes nucléaires et leur
prolifération ; ils ont voté
contre le protocole permettant la mise
en place des conventions réglementant
les armes biologiques, rejeté
le traité bannissant les mines
anti-personnelles, la Cour criminelle
internationale et en fait tout effort
international pour contrôler et
limiter la guerre. La guerre américaine
contre le terrorisme est une proclamation
du droit des États-Unis d’attaquer
le premier n’importe qui, n’importe
où, sur simple soupçon,
ou sans excuse, unilatéralement.
Les USA souhaitent
renverser le gouvernement irakien et
beaucoup d’autres en violation
de la loi. A moins de restreindre cette
politique, les chances de développer
la paix et l’égalité
globale des possibilités économiques,
sociales, culturelles et politiques
entre les nations seront perdues. Quel
gouvernement présente la plus
grande menace pour la paix, globalement
ou pour la Mésopotamie et ses
voisins les États-Unis ou l’Irak
?
Une attaque des États-Unis
contre l’Irak pour renverser son
gouvernement serait une violation flagrante
de la Charte de l’ONU, de la Charte
de Nuremberg et de la loi internationale.
Si, comme promis si
souvent, les USA attaquent bel et bien
l’Irak pour renverser son gouvernement,
il s’agira de la violation la
plus évidente, la plus arrogante
et méprisante, jamais connue,
de la Charte des Nations Unies, de la
charte de Nuremberg et de la loi internationale.
Parce que les USA ont commis des injustices
historiques envers l’Irak, la
plupart durant la présidence
de Georges Bush père, et cherchent
encore la domination sur la région,
le président Bush, son vice-président
et les autres membres de son administration
détestent l’Irak et veulent
le détruire.
J’écris
cette lettre à chaque représentant
à l’ONU des membres du
Conseil de sécurité, au
président de l’Assemblée
générale et au président
Bush. C’est l’une d’une
série de lettres décrivant
les fautes des USA et de l’ONU
envers l’Irak et protestant contre
elles. La faute qui menace et dont il
est question ici est la pire. Si, douze
ans après ses assauts aériens
dévastateurs et après
douze ans de sanctions génocidaires,
de risque omniprésent d’attaques
aléatoires par l’aviation
américaine et de menaces sans
fins contre des victimes sans défense,
les USA donnent le coup de grâce
au peuple irakien dans le silence des
Nations Unies et des pays riches, la
honte et l’impuissance humaine
nous destineront à une violence
plus grande que jamais.
Une attaque américaine
sur l’Irak causera plus de violence
; l’action urgente des Nations
Unies pour empêcher une attaque
américaine sur l’Irak est
requise.
Je vous implore d’alerter
immédiatement les Nations Unies,
l’Assemblée générale,
le Conseil de sécurité
et toutes ses agences pour dénoncer
les menaces américaines persistantes
contre l’Irak, pour exiger un
arrêt immédiat des menaces
et pour avertir les États-Unis
qu’une attaque sur l’Irak
violerait la Charte des Nations Unies,
la loi internationale et l’amitié
de tous ceux qui recherchent la paix
et respectent la dignité de l’humanité.
Une attaque américaine
sur l’Irak violerait la Constitution
et les lois des États-Unis, nécessitant
la mise en accusation du président
Bush et de tous les officiels responsables,
leur procès devant le Sénat
américain et des Cours fédérales.
Une attaque sur l’Irak
par les États-Unis violerait
aussi la Constitution et les lois des
États-Unis et exposerait, selon
la Constitution des États-Unis,
le président Bush à la
mise en accusation par la Chambre des
représentants pour les plus grands
des crimes, ceux contre la paix et l’humanité,
au jugement par le Sénat des
États-Unis et à un procès
devant une Cour fédérale.
Malheureusement, ces
dernières années, on a
plus souvent assisté à
des violations de notre Constitution
qu’au respect fidèle des
droits de tous les citoyens qu’elle
est sensée protéger. Mais
ceux qui aiment leur pays et qui, pour
cette raison, insistent pour que leur
pays agissent avec justice, s’efforceront
de faire rendre des comptes à
toute autorité américaine
qui participerait à une attaque
contre l’Irak.
Traduction : www.ptb.be