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L'HUMANITE COURT VERS L'ABIME

L'humanité court comme un insensé vers l'abîme. De nombreuses voix se sont élevées pendant tout le 20e siècle pour nous avertir du danger et nous faire arrêter, mais nous avons continué notre course folle. Trop d'intérêts matériels étaient en jeu.

Aujourd'hui, des bellicistes commandent le système d'information de la Terre et veillent à ce que l'esprit et le cœur des gens restent détachés de la réalité, de la souffrance et de la mort des populations envahies ; ce qui pourrait éveiller nos sentiments de compassion et d'amour fraternel. Même les soldats des armées conquérantes sont maintenus isolés de la réalité de la souffrance et de la mort par l'interposition de systèmes techniques hautement sophistiqués dont l'objectif principal n'est pas d'atteindre une haute précision mais d'éviter que les soldats fassent l'expérience directe de la souffrance de leurs victimes et que des sentiments de compassion puissent s'éveiller dans leur cœur. Si l'on y ajoute le fait que la plupart de ces combattants, et même certains leaders mondiaux, ont grandi en jouant avec des jeux virtuels de guerre sur un écran; il n'est pas étonnant qu'ils puissent bombarder des cibles réelles sur un écran vidéo sans jamais devenir conscients de l'horreur de ce qu'ils font.

Ceux qui se nourrissent de nos craintes peuvent ainsi continuer à nous dominer. Ils ont proclamé dans le monde entier les quatre peurs : la peur du besoin, la peur de la guerre et de la violence, la peur des différences et la peur de la mort et de la maladie. C'est leur réponse aux quatre libertés du président Roosevelt : liberté de parole, liberté de religion ou de croyance, liberté du besoin et liberté de la peur. ils ne souhaitent pas voir un monde basé sur la liberté mais un monde gouverné par la peur. Il est facile de manipuler ceux qui vivent dans la peur. Voyez l'exemple d'Israël. Premièrement, une situation de besoin artificiel est créée par un partage injuste des ressources vitales : terre, eau, accès à l'emploi, à l'éducation, aux soins de santé. Cela mène à la révolte et finalement à des actes violents et désespérés, qui à leur tour nourrissent la peur au sein de la population israélienne. Dominée par la peur, elle accepte une politique de terreur qui mène à une escalade de la violence des deux côtés. Pendant qu'Israéliens et Palestiniens se massacrent mutuellement, la peur et le ressentiment se répandent et s'étendent à toute la région et au monde entier. La même tactique peut être observée dans de nombreuses régions du globe où des problèmes s'aggravent depuis des décennies à cause d'un manque de bonne volonté à les résoudre : comme par exemple au Cachemire, la Tchétchénie, la Colombie, le Congo, parmi beaucoup d'autres. Il est ensuite facile pour des démagogues qui promettent la sécurité en attribuant la faute de tous les problèmes à un groupe ethnique quelconque, ou pour les partisans d'une action violente de séduire des populations apeurées. L'attention est déviée encore une fois du vrai problème: la concentration du pouvoir et de la fortune entre les mains d'une minorité par un système économique et monétaire pervers fondé sur la spéculation, la dette et l'inflation, ainsi que l'exploitation impitoyable et téméraire de notre mère la Terre et de tous les règnes de la nature: minéral, végétal, animal et humain.

Nous avons laissé entrer des scorpions, des crabes et des reptiles qui nous dévorent de l'intérieur. Comment les expulser de notre cœur et de notre esprit ? Premièrement, restons calmes et patients, disent nos guides indiens et indigènes. Il faut du temps pour guérir une maladie qui s'est développée pendant des années. Les miracles sont possibles, mais voulons?nous vraiment changer soudainement toute notre vie, toute notre structure économique et sociale? Abandonner nos vieilles habitudes ? Pourrions-nous y survivre ? Peut-être est-ce la raison pour laquelle il y a si peu de miracles. La plupart d'entre nous ne supportent pas les changements soudains et ces changements se produisent lorsque le JE SUIS en nous prend en charge notre vie. Si, en fin de compte, nous ne pouvons pas supporter la visite de notre propre Dieu intérieur, la mort ne serait-elle pas préférable ? Elle nous libérerait de nos vieilles habitudes incrustées, comme les vêtements sales que nous sommes heureux d'enlever avant d'aller sous la douche après une longue journée.

Cessons de nous apitoyer sur nous-mêmes et d'avoir peur. Recevons la douleur comme un messager du front de bataille, pas comme un ennemi. La douleur n'est pas le mal. Elle ne fait que nous montrer d'où vient le mal. Si nous mettons des chaussures serrées, nos pieds nous font mal. Est-il nécessaire de prendre des sédatifs pour arrêter la douleur, quand il suffit d'enlever les chaussures ? Retrouvons notre bonté et notre bon sens innés. Retrouvons notre confiance dans le JE SUIS en nous, Dieu en chacun de nous, le monde spirituel, le royaume des âmes qui attend seulement que nous ouvrions notre cœur et notre esprit pour qu'il puisse nous aider. Méditons depuis le centre de confiance en nous-mêmes, pas depuis notre peur. Plus il y aura de personnes qui se seront libérées de la peur, plus notre capacité collective de nous guérir sera puissante.

SOURCE : Editorial Lettre d'Information n°93

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